à l’ASIEM, 6 rue Albert de Lapparent, Paris 7ème ou en visio ou podcast
Historiquement, le modèle des psychoses relève de la psychopathologie adulte ; existe pourtant une spécificité des mouvements ou positions psychotiques de l’adolescence, ouvrant ou non sur une problématique psychopathologique aiguë.
Par ses remaniements profonds, l'adolescence est traversée par des mouvements créant un vacillement narcissico-identitaire. Confronté à la nécessité d’une transformation somato-psychique de grande ampleur, l’adolescent crée les conditions de sa subjectalisation au risque toujours présent d’une rupture face à la reviviscence des traumatismes et à la tâche maturative qui lui incombe. Face à ces enjeux, l’émergence de mouvements psychotiques voire de cassure avec le sentiment d’identité pose un défi pour les professionnels cliniciens.
Ce d’autant que le contexte actuel est traversé par une compréhension discutable du champ de la psychopathologie, soumise aux évolutions sociétales et aux pressions politico-administratives de tous ordres. Il apparaît impératif de maintenir une analyse critique des classifications diagnostiques comme de toute tentative de réification du sujet à travers des modalités thérapeutiques désubjectivantes. La psychanalyse offre un espace pour saisir la signification inconsciente des symptômes, y compris ceux relevant des psychoses.
Entre autres questions qui ne manquent pas de se poser sur le terrain clinique, comment différencier la psychose infantile d’un sujet devenant adolescent de la psychose pubertaire ou encore de la bouffée délirante sans lendemain ? Comment dégager la psychose pubertaire de l’entrée dite classique dans la schizophrénie ? Ouvrant sur le trouble des enveloppes psychiques et des frontières psychiques, les psychoses de l’adolescent rendent compte de la rupture de sens qui survient dans son parcours et traduit le ratage du processus d’adolescence ; cette pathologie de la subjectivation est aussi une quête de sens à travers une expérience supposément insensée. Entre l’archaïque et l’actuel, le paradigme de la psychose pubertaire tend à redonner une valeur processuelle à la notion de potentialité.
Ce colloque articule l’expérience de chaos psychotique avec ce que certains mouvements psychotiques non pathologiques en soi tentent de raconter et de signifier. En repérant également ce qu’il y a de vivant dans les psychoses, nous nous adressons à tous ceux qui, touchés par ces adolescents en souffrance, ne renoncent pas à leur apporter les soins indispensables sur le plan psychique.
8h45 : Accueil
9h : Introduction : M. Haza
Présidente de séance : E. Caule
Conférences plénières
9h30 : Bernard Golse : L’adolescence : une opportunité de remise en chantier de l'équilibre entre angoisses autistiques et angoisses psychotiques
10h :Florian Houssier : Adolescence en emprise entre le Président Schreber et son fils
10h30 discussion. Discutant : F. Marty
11h-11h30 : Pause
Table ronde (11h30-13h)
Marjorie Roques : La fugue à l’adolescence : symptôme avant-coureur d'une psychose ?
Michael Chocron : Les évolutions des autismes à l’adolescence
Guy Scharmann : L’hôpital de jour : une réponse aux adolescents difficiles
Discutant : V. Le Corre
13h-14h30 : Pause déjeuner
Présidente de séance : T. Rebelo
Conférences plénières
14h30 : François Richard : Si je perds mon fil intérieur, je disparais
15h : Olivier Douville : Episodes d'allure psychotique à l'adolescence, quid de la cure analytique ?
15h30 : discussion. Discutant : Ph. Givre
16h-16h15 : Pause
Table ronde (16h15- 17h45)
Estelle Louët : « On hallucine ! »
F. Poupart : La psychose hystérique, un recours face au surgissement du féminin génital ?
Haya Haidar : « L’observateur désintéressé » : point d’appui et enjeu transférentiel dans les désorganisations psychotiques de l'adolescent
Discutante : B. Dulck
17h45 : Conclusion : F. Houssier
En contrepoint du groupe familial, les groupes de pairs acquièrent, à l’adolescence une place nouvelle : au collège, au lycée, dans les diverses activités, organisées ou informelles, par les amitiés, entre filles, entre garçons et mixtes, sur les réseaux sociaux, dans la codification rituelle des rallyes comme à la marge dans les cités ; à l’adolescence, les appartenances groupales sont multiples et polymorphes. Au-delà de ce constat, quels sont les enjeux psychiques du groupe à l’adolescence ? Le groupe est un espace intermédiaire identificatoire, homogénérationnel, à la confluence des axes narcissiques et objectaux. Il est partie prenante du travail de dégagement des imagos parentales tout en ouvrant un espace de subjectivation, par le jeu des expérimentations amicales ou amoureuses. Avec les notions de « groupalité interne » et d’ « appareil psychique groupal », qui rendent comptent de la contribution des groupes à la structuration du psychisme, R. Kaës a proposé un cadre conceptuel pour en penser les spécificités à l’adolescence. Les narcissismes individuels, menacés par la perte des idéaux infantiles et les interdits oedipiens pubertaires, se trouvent réconfortés par l’illusion groupale et les fantasmes d’auto-engendrement partagés, impliquant un travail de culture adolescente préalable à l’inscription dans la filiation. Cet appui sur le groupe de pairs participe du jeu de passage entre les investissements auto-érotiques et hétéro- érotiques.
Ce colloque s’adresse à tous les cliniciens qui sont confrontés sur le terrain aux enjeux de « groupalité virtuelle » (échanges de stories, de vidéos, groupes de jeu en ligne, etc.), comme aux groupes d’adolescents agis par des mouvements régressifs passant par le harcèlement, des passages à l’acte transgressifs ou encore des revendications identitaires radicales. Ce colloque explorera aussi la puissante affinité entre la groupalité et le processus adolescent à travers l’efficacité des groupes thérapeutiques (psychodrame, ateliers à médiation, groupes de parole), constituant un levier thérapeutique essentiel dans les prises en charges institutionnelles.
Ce colloque sera l’occasion de la présentation du « Vocabulaire psychanalytique de la clinique adolescente », ouvrage du Cila dirigé par P. Givre et F. Houssier chez In Press.
9h : Accueil
9h15 : Introduction : P. Givre
Président de séance : J.-Y. Chagnon
9h30 : J. Bordet : Du réseau ouvert au groupe fermé. Les groupes d’adolescents dans les quartiers populaires
10h : P. Benghozi : Approche groupale de l'adolescence chrysalide
Discutant : F. Marty
10h30-10h45 : Pause
10h45 - 12h15 : Table ronde, l’adolescent et ses groupes
P. Drweski : Les théories complotistes à l'adolescence dans les groupes
A. Brault : « Arrête tes jouissements ! ». La chorale au service du travail de la mue
F. Houssier : Groupe de pairs et délinquance Discutant : J-Y. Le Fourn
12h15-14h : Pause déjeuner
Présidente de séance : M. Haza-Perry
14h : J-B. Chapelier : Du primat du phallus à la complémentarité des sexes
14h30 : M. Ravit : Dynamique de la violence sexuelle en groupe
Discutante : B. Blanquet
15h-15h15 : Pause
15h15-16h45 : Table ronde, les groupes thérapeutiques
E. Caule : Groupalité et anorexie : l’insoutenable lourdeur de l’autre
A. Morel : Le psychodrame psychanalytique individuel en groupe
A. Maurin : Le complexe de Naruto Discutant : G. Sharman
Conclusion : F. Houssier
L’adolescent, siège d’une pulsionnalité brute, est parfois comme privé de parole, mobilisant de façon régressive les champs des agirs : attaques du corps, conduites risquées, violences, anorexies, tentation suicidaire, etc., sont le quotidien de nos pratiques cliniques.
Malgré certaines découvertes comme l’acte manqué, Freud a laissé la question des agirs particulièrement ouverte ; la polysémie actuelle de la nomination des actes dans le champ clinique (passage par l’acte, actuation, mise en acte, acting out, recours à l’acte, agir, réalis-action, etc.) témoigne de l’impression de flou conceptuel initial. Plusieurs interrogations cliniques restent pourtant d’une brûlante actualité : quel rapport entretiennent les actes avec la vie psychique ? Sont-ils à même de mobiliser le sujet quant à ses capacités de symbolisation et de fantasmatisation ? Une confusion s'est immiscée dans un certain nombre d'écrits concernant la place du fantasme au moment de la réalisation de l'acte. Ce malentendu consiste à considérer que tout acte symptomatique se fait au détriment de la pensée en abrasant la représentation. Or, si cette éradication de la pensée peut souvent être imputée au passage à l'acte, il n'en va pas de même pour d'autres actes, dont l'acting out. Pour ceux-ci, l'acte et la pensée ne s'opposent pas mais interagissent au moment même de l'accomplissement de l'action. En revanche, ce type d'acte repousse un processus élaboratif qui, s'il avait pu se développer, aurait empêché l'acte d'advenir ou lui aurait donné une autre forme.
Nous différencierons notamment les actes ayant conservé une valence objectale, représentant un appel à l’environnement, des actes à valence narcissique tendant à éradiquer l’autre en tant qu’objet total et humain, visant avant tout à tenter de figurer des traumatismes précoces. Cependant, davantage que la capacité à fantasmer, c’est la possibilité de dire qui est remplacée par l’acte.
Ce colloque, qui tend à mettre en évidence la vitalité et le sens des agirs adolescents, par-delà leur apparente répétition parfois décourageante, s’adresse à tous les professionnels mobilisés par cette clinique.
9h : Accueil
Présidente de séance : C. Lebrun
Introduction : P. Givre, F. Houssier
Conférences plénières
9h30 : M. Corcos : Destruction et désaffiliation : Psychopathologie de la violence à l'adolescence
10h : F. Dargent : L’acte et le souvenir
Discutant : A. Brault
10h30-10h45 : Pause
Table ronde (10h45-12h30)
Givre : Enjeux autour de la construction du fantasme
Cornalba : « Ça m'a échappé... » Agir ou acte manqué ?
Blanquet : De l'agir à l'expressivité scénique
Discutant : S. Ez-Zajjari
12h30-14h : Pause déjeuner
Présidente de séance : B. Blanquet
Conférences plénières
14h : F. Houssier & J.-Y. Chagnon : La place du fantasme dans l’expérience agie
14h30 : R. Puyelo : Fugues… Espace et contre-temps adolescent
Discutante : E. Caule & E. Pelladeau
15h-15h15 pause
Table ronde (15h15-17h)
Dayan : Violences groupales
Haza : La chute : quand le réel s’impose
M-A. Raoult : L’agir, césure face aux éprouvés de terreurs
Discutant : G. Scharmann
Conclusion : F. Houssier
Inscriptions :
en ligne sur HelloAsso : Cliquez ici
ou par chèque à l'ordre du CILA
A retourner à :
CILA , 8 rue Martin Bernard - 75013 Paris
Individuel : 60 €
Étudiant/ Sans emploi : 25 € (avec justificatif)
Formation continue : 120 €
N° de Formation Permanente CILA : 11 75 30 17 575
Avec l’entrée dans l’adolescence, c’est bien souvent l’ensemble du rapport au monde qui se trouve fortement érotisé, ces mouvements projectifs ou d’externalisation cherchant à contrebalancer la sensation de dysharmonie interne vécue par l’adolescent.
Avant de pouvoir s’épanouir dans des relations sensuelles impliquant l’autre, le sexuel adolescent s’incarne d’abord dans l’avènement du pubertaire, vécu comme potentiellement menaçant, en étant susceptible de mettre à mal les assises narcissiques et les limites du moi. Ainsi, certaines manifestations ou conduites psychopathologiques de la vie quotidienne adolescente, comme les conduites d’alcoolisation massive ou d’autres expériences toxicomaniaques, pourront traduire les velléités inconscientes de l’adolescent pour s’accoutumer à cet abandon de soi et à la défaite du moi qui représentent les corolaires indispensables à la jouissance orgasmique. La rencontre avec le sexuel suppose donc en premier lieu de consentir à ce qui surgit en soi, avant d’être en mesure de se mettre en quête d’une rencontre de l’autre.
Les enjeux liés à l’intégration de ce nouveau régime pulsionnel, l’intégration de la bisexualité psychique, en lien avec la reconnaissance de la différence des sexes, comme la nécessité de déterminer son identité et son orientation sexuelles, ne requièrent-ils pas toujours et encore, la mise en jeu de processus de subjectivation complexes et couteux pour l’adolescent ? La sexualité affichée comme tout à fait libre de culpabilité et de conflits par nombre d’adolescent, ne s’avère-t-elle pas être une sexualité plus exhibée que réellement vécue ? En bénéficiant d’une relation au sexuel définitivement dégagée des contraintes morales, civiles et religieuses, se voient-ils là offrir une véritable émancipation ?
Ce colloque est organisé à l’occasion de la sortie de l’ouvrage intitulé : « Vocabulaire psychanalytique des processus adolescents » , sous la direction de Ph. Givre et F. Houssier. L’ensemble des participants au colloque bénéficieront en avant-première de la parution de cet ouvrage (le prix d’entrée intégrant l’accès à la journée, plus l’obtention de ce volume). Dans ce Vocabulaire , les participants trouveront les définitions de bon nombre de notions conceptuelles qui seront au cœur des développements et des échanges lors de cette journée centrée sur la rencontre sexuelle à l’adolescence. Le lecteur sera ainsi en mesure de retrouver, s’il le souhaite, des développements précis et concis, sur l’ensemble des processus subjectifs mis en jeu chez l’adolescent, dès lors qu’il est en proie à la rencontre du sexuel.
9h : Accueil
Présidente de séance : B. Blanquet
Introduction : P. Givre, F. Houssier
Conférences plénières
9h30 : F. Richard : La fonction de l’orgasme à l’adolescence
10h : V. Estellon : Modalités de rencontres sexuelles à l’adolescence
Discutante : E. Caule
10h30-10h45 : Pause
Table ronde (10h45-12h30)
Matha : Altérités, altération : le sexuel des identifications
Givre : Rencontres sexuelles sur la scène onirique
Ikiz : La pornographie en ligne : initiation ou retrait ?
Discutant : A. Brault
12h30-14h : Pause déjeuner
Présidente de séance : E. Caule
Conférences plénières
14h : M. Ravit : Intimité et extimité du sexuel à l’adolescence
14h30 : S. Hefez : Sexualités en tous genres
Discutante : H. Haidar
15h-15h15 pause
Table ronde (15h15-17h)
Houssier : Emma Eckstein, ou la haine du sexuel
Blanquet : L’expérimentation de la sexualité adolescente, une rencontre sensorielle
Evzonas : La transition de genre comme solution à l’énigme du sexuel
Discutant : P.-J. Chantepie
Conclusion : F. Houssier, P. Givre
Brigitte BLANQUET*, Professeur à l'UCLy, Directrice pédagogique du Master de psychologie clinique enfant, Ado, Présidente du CERCL.
Anthony BRAULT * , Psychologue clinicien, Maître de conférences en psychologie clinique, Université Paris Cité (Diderot).
Emmanuelle CAULE *, psychologue, psychanalyste, chargée de cours à l'Université de Bordeaux, Vice-Présidente du CILA et du CAPA (Collège Aquitain de Psychopathologie de l'Adolescent).
Pierre-Justin CHANTEPIE, Psychologue clinicien, Maître de conférences en psychologie, Université Lumière Lyon 2, Trésorier de la Société du Rorschach.
Vincent ESTELLON* , Psychologue clinicien, psychothérapeute et psychanalyste. Professeur, Université de Paris, UFR IHSS, Département Études psychanalytiques.
Nicolas EVZONAS , Docteur ès Lettres, Psychologue clinicien, psychanalyste, Maitre de conférences, Université de Paris Cité (Diderot).
Philippe GIVRE*, Psychologue clinicien, Psychanalyste, Maître de conférences HDR à l'Université de Paris. Secrétaire adjoint du CILA.
Serge HEFEZ, Psychiatre, Psychanalyste, Service de Psychiatrie de
l’Enfant et de l’Adolescent, Hôpital de la Pitié Salpêtrière, Paris.
Haya HAIDAR*, Psychologue clinicienne, Docteur en psychologie, Psychanalyste en formation à la Société Psychanalytique de Paris (SPP), membre associée du laboratoire PCPP (UR 4056), Université Paris Cité (Descartes).
Florian HOUSSIER* , Psychologue clinicien, Psychanalyste, Professeur de psychologie clinique et de psychopathologie, Université Paris 13 Sorbonne Paris Cité, UTRPP 4403. Directeur de la Collection « Expériences psychanalytiques » aux Editions Ithaque, Président du CILA.
Simruy IKIZ * , Psychologue Clinicienne et Projectiviste, Maîtresse de Conférences, Université de Poitiers, Trésorière de L'Association internationale Interactions de la psychanalyse (A2IP).
Catherine MATHA*, Psychanalyste. Maître de conférences (HDR) à l'Université de Paris Sorbonne Nord.
Magali RAVIT , Professeur en psychopathologie et psychologie clinique, Université Lumière Lyon 2. Directrice du laboratoire CRPPC, experte près la Cour d'Appel de Lyon.
François RICHARD , Psychanalyste (SPP), Professeur de psychologie, Université Paris Diderot
* Membres du CILA
Colloque en formule hybride (présentiel et distanciel)
Le Vendredi 24 novembre 2023
à l’UCLY – Amphi Jean-Paul 2 – Campus Carnot – 23, Place Carnot – 69002 Lyon
Troubles de l’identité sexuelle à l’adolescence
EN PRESENTIEL ET EN VISIO-CONFERENCE
Le Samedi 18 mars 2023 à l’USIC 18 Rue de Varenne, 75007 Paris
Quoiqu’en disent certains, qui imaginent que l’adolescence est une pure création de la modernité, l’adolescence a toujours existé, et avec elle de multiples formes de vacillement de l’identité sexuelle. Au moment où l’adolescent est sommé de se trouver, de savoir qui il est à partir des traces de ses conflits infantiles, le remaniement de ses identifications trouble le jeu de son sentiment d’identité. La quête narcissique de l’adolescence est largement infiltrée d’interrogations sur sa sexualité, ce que Freud avait déjà repéré en 1905 en évoquant les homosexualités transitoires de l’adolescence. Aujourd’hui, nous entendons dans nos pratiques respectives nombre d’interrogations d’adolescents sur leur bisexualité, leur romantisme sans sexe ou bien d’autres propos chargés d’ambiguïtés, suggérant que la sexualité et son cortège de fantasmes s’élaborent tout au long du processus adolescent. Au moment où les questions de genre s’imposent dans le champ social comme scientifique, où la théorie du genre et la représentation d’une fluidité des identités sexuées semblent parfois remettre en cause l’idée d’un déterminisme inconscient au profit du contexte politico-social, il est temps de rappeler que cette question est indissociable des tourments de l’adolescence.
Au-delà des réflexes psychopathologiques de type diagnostique, ou encore du clivage entre les « pour » et les « contre », nous tentons d’ouvrir un dialogue loin de toute perspective réifiante afin de penser ces problématiques en lien avec les évolutions cliniques de notre temps. Cette nécessité de renouvellement, voire de certaines clarifications théorico-cliniques, apparaissent indispensables pour sortir du contexte idéologique qui s’empare de ce sujet devenu brûlant. Ouvrons donc le champ de nos représentations : plutôt que de maintenir le conflit, laissons vivre le débat afin que tout clinicien de l’adolescence puisse entendre l’adolescent là où il se situe, au risque d’un trouble partagé.
9h : Accueil
9h15 : introduction : F. Houssier
Présidente de séance : M. Haza-Pery
9h30 : J. Schaeffer : D’un "refus du féminin" adolescent à une demande de transidentité ?
10h : F. Pommier : Balbutiements du sexe
Discutante : E. Caule
10h30-10h45 : Pause
10h45-12h15 : Table ronde
Estellon : Les amitiés particulières à l’adolescence
Evzonas : Sexe, genre et angoisse de dévisagement
Givre : Trouble dans la relation transféro/contre-transférentielle
Discutante : B. Blanquet
12h15-14h : Pause déjeuner
Présidente de séance : B. Blanquet
14h : S. Hefez : Traversée du genre, traversée du fantasme
14h30 : J.-B. Marchand : La rencontre de la psychanalyse et du genre : une clinique de l'anticipation sociale.
Discutant : F. Marty
15h-15h15 pause
15h15-16h45 : table ronde
Houssier : Féminin pur et changement de sexe
Sylla : Transidentité et transmédia: quand la culture (geek) ouvre un espace "suffisamment safe" en thérapie.
Adrian : Transidentités et seuil pubertaire
Discutante : M. Haza-Pery
Conclusion : F. Houssier
INSCRIPTION
Directement en ligne sur HelloAsso : https://www.helloasso.com/associations/college-international-de-l-adolescence/evenements/troubles-de-l-identite-sexuelle-a-l-adolescence
Contact :
Valérie ADRIAN, Pédopsychiatre, Membre de La SFPEADA, de la Société Médico-Psychologique et de l’association Caméléon.
Brigitte BLANQUET*, Professeur à l'UCLy, Directrice pédagogique du Master de psychologie clinique enfant, Ado. Présidente du CERCL.
Emmanuelle CAULE *, psychologue, psychanalyste, chargée de cours à l'Université de Bordeaux, Vice-Présidente du CILA et du CAPA (Collège Aquitain de Psychopathologie de l'Adolescent).
Vincent ESTELLON* , Psychologue clinicien, psychothérapeute et psychanalyste. Professeur, Université de Paris, UFR IHSS, Département Études psychanalytiques.
Nicolas EVZONAS psychologue clinicien, psychanalyste, ATER à l’Université de Paris Cité.
Philippe GIVRE*, Psychologue clinicien, Psychanalyste, Maître de Conférences HDR à l'Université Paris-Cité. Secrétaire adjoint du CILA.
Marion HAZA-PERY* , Psychologue clinicienne, Directrice de recherches, Université de Paris-Cité (PCPP). Secrétaire générale du CILA.
Serge HEFEZ, Psychiatre, Psychanalyste, Service de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent, Hôpital de la Pitié Salpêtrière, Paris
Florian HOUSSIER* , psychologue clinicien, psychanalyste, Président du CILA, PR de psychologie clinique et psychopathologie, Directeur de l’Unité Transversale de Recherches : Psychogenèse et Psychopathologie (UTRPP – UR 4403), Université Paris 13, Villetaneuse, Sorbonne Paris Nord.
François MARTY* , Psychologue clinicien, Psychanalyste, PR Emérite de psychologie clinique et de psychopathologie, Université Paris Descartes SPC. Vice-président du CILA.
Jean Baptiste MARCHAND , Maître de Conférences en Psychologie Clinique, Psychopathologie et Psychanalyse, (RPpsy, Poitiers), Psychanalyste - Psychologue Clinicien.
François POMMIER*, Psychiatre, psychanalyste, membre associé de la Société de Psychanalyse Freudienne , PR de psychopathologie à l’Université Paris Nanterre, coordinateur de l’équipe « Approche en Psychopathologie et psychanalyse » du laboratoire CLIPSYD.
Jacqueline SCHAEFFER , Membre titulaire formateur honoraire de la Société Psychanalytique de Paris.
Arnaud SYLLA , psychologue clinicien membre du Comité de rédaction de la Nouvelle Revue de l’Enfant et de l’Adolescent, membre de l’association Hébé.
* Membres du CILA
Ce colloque en hommage aux travaux d’Annie Birraux résonne avec le titre éponyme de son ouvrage princeps sur l’adolescence, paru en 1990. À l’adolescence, l’ennemi c’est le corps, suggère-t-elle, au moment où, pour un adolescent, un nouveau corps est à vivre, penser et intégrer. Ce surgissement du génital trouble le sentiment de familiarité avec soi-même ; sous l'effet d'un collapsus entre l'actuel et le refoulé, les limites entre imaginaire et réalité tendent à s'estomper, confrontant l’adolescent à nombre d’éprouvés énigmatiques. Le sexuel génital est un étranger qui fait intrusion dans le corps et la psyché de l’adolescent, d’où son caractère potentiellement traumatique.
Le corps est le lieu de tous les dangers comme de bien des trouvailles, incluant la découverte centrale de l’orgasme. Il intervient à la façon d’un coup de tonnerre dans un ciel serein ; désormais, plus rien ne sera comme avant pour l’adolescent, sommé de trouver son identité sexuelle et d’intégrer son corps sexué. Corps persécuteur ou corps libidinal, corps souple contre corps phallique endurci, fantasmes de corps commun, de corps à corps ou encore l’ensemble du champ des agirs illustrent sur un versant parfois psychopathologique la profondeur de la reconstruction du sentiment d’identité à l’adolescence. Objet de sensation, surface des émotions et des conflits, régulation de l’assiette somato-psychique quant à la quête d’une homéostasie, le corps ouvre des espaces de retrouvailles avec nos objets internes les plus primitifs. Le rejet du corps sexué comme la phobie du corps ou de certaines de ses parties hautement symboliques s’insèrent depuis toujours dans la clinique de l’adolescence.
Ce colloque est à destination de tous les cliniciens confrontés aux problématiques du corps adolescent, voie royale de l’expression des conflits pubertaires ; il sera également l’occasion d’explorer les arêtes vives de la théorisation d’une psychanalyste, A. Birraux, qui a contribué au développement de la psychanalyse de l’adolescent en France, notamment via la création du CILA.
9h : Accueil
Présidente de séance : B. Blanquet
9h15 : introduction, F. Houssier
9h30 : Ph. Gutton : Dualité négative et positive du pubertaire
10h : F. Marty : Le corps pubère en anamorphose
Discutant : J.-Y. Chagnon, M. Haza-Pery
10h30-10h45 : Pause
10h45-12h15 : Table ronde
Givre : Corps et fantasmes de complémentarité des sexes
Caule : Corps et phobie à l’adolescence
Estellon : Les sensations plutôt que l’affect
Discutant : S. Ikiz, JY Le Fourn
12h15-14h : Pause déjeuner
Président de séance : J.-Y. Chagnon
14h : F. Pommier : Corps à prendre (ou à laisser)
14h30 : D. Marcelli : Entre Moi et Je : corps-objet ou corps-sujet
Discutant : B. Blanquet, C. Matha
15h-15h15 pause
15h15-16h45 : table ronde
Bordet : Mouvements du corps des jeunes des quartiers populaires urbains
Houssier : L’adolescent face à ses actes transgressifs
Douville : Les corps en errance
Discutant : D. Bonnichon, T. Rebelo
Conclusion : F. Houssier
BULLETIN D'INSCRIPTION
Directement en ligne sur HelloAsso : https://urlz.fr/gRp0
OU
par chèque à l'ordre du CILA
A retourner à
CILA , 8 rue Martin Bernard - 75013 Paris
La psychothérapie de l’adolescent a longtemps buté sur la superposition du cadre de l’analyse du patient névrosé adulte sur celui de la cure de l’adolescent. La situation a aujourd’hui sensiblement évolué, notamment à partir des travaux de l’école française de psychanalyse de l’adolescent, depuis les années 1980. L’approche plus fine du processus adolescent et par rebond l’ajustement du positionnement du psychanalyste ont permis de battre en brèche l’idée que la cure d’adolescent, généralement par la voie de la psychothérapie, n’était pas souhaitable. La pratique avec les adolescents s’est dégagée de tout dogmatisme pour permettre à l’analyste comme à l’adolescent de co-créer une aire de créativité associative ; celle-ci implique l’accueil de la symptomatologie agie comme un dire en attente de mise en sens ou encore la possibilité d’ouvrir un espace élaboratif partageable. La relation psychothérapique avec l’adolescent se développe sur fond de ravitaillement affectif, contrastant avec le flottement identificatoire adolescent, qui participe à la fragilité des interdits et à la flambée des idéaux. Par sa mise en récit, y compris corporelle, le vécu de l'adolescent vient à trouver une voie de représentation. Ces échanges se font au profit d’une culture de la relation, l’identification au psychanalyste jouant un rôle d’intériorisation du pare-excitation face aux éléments traumatiques remobilisés par l’adolescence.
Au-delà de la psychothérapie individuelle et son cadre habituel, d’autres pratiques, passant notamment par des médiations, convergent vers une intention comparable, libérer la parole et les représentations qui l’accompagnent. A l’occasion de la publication de l’ouvrage du CILA « La cure psychanalytique de l’adolescent et ses dispositifs thérapeutiques » (In Press), les psychothérapies de l’adolescent seront discutées lors de ce premier Webinaire du Collège International de L’Adolescence.
avec F. Marty, F. Houssier
Discutante : Brigitte BLANQUET (Ucly, Lyon)
Mail :
Lien d’inscription direct :
L’art et la psychanalyse ont toujours été des cousins germains, comme S. Freud l’a montré en entrelaçant l’un e et l’autre, laissant imaginer que la culture soigne comme la psychanalyse enrichit le champ représentationnel. La créativité suggère que pour se sentir vivant, nous cherchons inlassablement ce qui nous surprend et nous transforme, à savoir les objets culturels. L’adolescence est un temps privilégié d’investissement des objets culturels et des mythologies renouvelées qui les véhiculent. Ces objets émanent souvent de ce que l’on peut qualifier de pop culture, une culture venant de la rue opposée à la culture élitiste.
Le goût pour cette culture pop, y compris dans ses dimensions très contemporaines, comme les cultures numériques, interroge sur les personnages devenus des interlocuteurs internes comme des relais identificatoires pour nombre d’adolescents. Séries, musique, cinéma, peinture, jeu vidéo, bande dessinée, livre, manga, ou autre manifestation spontanée, la pop culture ne se décline pas seulement en fonction de son média, elle a modifié la façon de vivre des adolescents d’aujourd’hui et de leurs familles.
Sur le plan thérapeutique, comment ne pas entendre l’importance des objets culturels ? Ils créent une forme de médiation spontanée dans le lien entre le clinicien et l’adolescent. Avec nos patients comme dans notre relation au monde, le transfert à la culture pose sans cesse de nouvelles questions voire de nouveaux défis ; les adolescents en sont les porte-paroles, nous enjoignant à une créativité clinique partagée.
9h : introduction, Florian HOUSSIER
9h15 : Richard MEMETEAU : Héros de shōnen et limites du monomythe campbellien.
9h50 : Philippe GIVRE : Mythologies pop-rock et subjectivités en extériorité.
Discutante : Emmanuelle CAULE
Président : Jean Yves CHAGNON
10h45 pause
11h : table ronde
Vincent CORNALBA : Dites les parents, comment faire du neuf avec ses vieux ?
Anthony BRAULT : La petite Sirène. De Andersen à Walt Disney.
Delphine BONNICHON : La mythologie Star Wars : une plongée en contrée adolescente ?
Discutant : David VAVASSORI
12h30 : pause déjeuner
14h : Jean-Victor BLANC : Culture Pop et Psy : La Pop Culture pour déstigmatiser la santé mentale.
14h35 : Florian HOUSSIER , Des X-Men au jeu vidéo : cultures de l’image dans la cure de l’adolescent.
Discutante : Brigitte BLANQUET ?
15h30 pause
15h45 : table ronde
Marion HAZA-PERY et Florent MAUDOUX : Héros de BD comme passeurs dans la prise en charge des adolescents.
Arnaud SYLLA : Manga et jeux vidéo : la culture geek comme objet de soin à l’adolescence ?
Discutante : Xanthie VLACHOPOULOU
Président : François MARTY
17h15 conclusion