Edito | Lettre du Président

Les derniers feux du colloque international fêtant les 20 ans du Cila à peine éteints, nous voici projetés dans le prochain colloque national du Cila consacré à « L’adolescent dans son institution » le 13 janvier prochain à Paris. En toute subjectivité assumée, quelques mots sur ce qui est ressorti de ce colloque si important pour le Cila ; cette fois, une ligne claire et partagée est ressortie de nos échanges : la psychothérapie psychanalytique de l’adolescent n’est pas une cure comme les autres. Elle implique par exemple une réassurance narcissique davantage qu’un aller et retour avec le passé infantile ; il est question d’aider à reconstruire les défenses fragilisées par le processus d’adolescence et non de lever le refoulement. Ce travail d’accompagnement dans l’actuel suggère l’importance d’un étayage narcissique qui ouvre sur la possibilité de trouver ou retrouver un certain plaisir du fonctionnement psychique. Loin de toute répudiation du vif de l’infantile, l’adolescence a imposé sa modernité et l’inconfort dans lequel il peut plonger les psys qui les reçoivent. L’adolescent, dans son institution, y projette sa vie psychique, mettant en valeur le caractère décisif du transfert des soignants pour prendre en charge les adolescents qu’ils accueillent.

Ces quelques idées jetées en vrac n’ont aucune ambition exhaustive, elles ne font que rappeler que nous sommes sommés par l’adolescent de rester vivant, créatif et ouvert… comme des psychanalystes.

 

Bonne année à tous,

 

Florian Houssier, Président du CILA

 

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L’ADOLESCENT DANS SON INSTITUTION

Le Samedi 13 Janvier 2018

 Résidence Internationale de Paris
4 rue Louis Lumière
75020 Paris

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ARGUMENT

« L’adolescent et son institution » ressemble à une formulation paradoxale ; la rencontre du sujet adolescent avec ce qui est institué (les règles, les mythes) est une source de confrontation des représentations. Dans un premier mouvement, on serait tenté de considérer avant tout l’opposition entre le trouble voire le désordre du monde interne de l’adolescent et le dehors représenté par les idéaux institutionnels. Or, l’idéal du moi est une des principales instances créées à l’adolescence, source de tension avec les idéaux véhiculés par l’institution. Les mouvements transférentiels des adolescents envers l’institution sont une des voies centrales d’investigation de ce colloque.

Historien de sa famille, l’adolescent est aussi celui qui, en dehors de l’espace familial, débusque les mythes fondateurs de l’institution, relevant les contradictions comme les aspects plus cachés des fantasmes organisateurs de la vie institutionnelle ; ces fantasmes, généralement inconscients, relèvent d’une dynamique narcissique voire archaïque et non seulement œdipienne.

A travers des récits concernant des lieux de soin comme des espaces publics (collège-lycée), nous interrogeons les effets de rencontre entre l’adolescent et un cadre contenant et ses interdits ; l’impact éducatif de ce type de lien contraste avec d’autres types d’institution d’état comme l’armée. Le fonctionnement parfois rigide ou sévère de certaines institutions révèlent un contre-investissement qui prend la forme d’une fascination pour l’adolescence, quand l’adolescent attend parfois d’assouvir son besoin d’autorité.

Nous centrerons notre journée sur les spécificités des suivis en institutions. Nous évoquerons différents types d’institutions médico-éducatives, ou comment accueillir la souffrance psychique de l’adolescent, son désarroi, mais aussi sa vitalité, ou sa créativité irradiante pour l’ensemble du corps social. Le transfert adolescent, du coté du radicalement nouveau, donne des transferts morcelés, plus médians que névrotiques, d’où la recherche d’institutions à même de participer à la recherche de sens, une des visées partagées entre l’adolescent et son espace d’accueil.

 

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Extrait du colloque Lyon , l’adolescent et la tentation suicidaire, 2017

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Actualités :  Soirée du CILA 17/5 : la vidéo sur la chaîne YOUTUBE du CILA !