Edito | Lettre du Président

Dans notre monde post-moderne, tout se croise, se mêle et se reprend, modifié et reformé pour un nouvel objet, tout s’influence par la mise en contact d’univers a priori différents, dans un constant jeu après-coup.  La créativité est mère du talent à combiner, mélanger, transformer. Par exemple, dans les jeux vidéo de combat, on dirait que leurs créateurs ont vu, au moins une fois, un combat de taekwondo : même gestuelle, quasi-mécanique dans sa logique répétitive. Ou encore, quand il est question de geeks devenus des nerds, une question se pose en écho : comment parle-t-on la langue culturelle d’aujourd’hui ?

L’art moderne a pris pour philosophie voire pour idéal de déconcerter, ici par une esthétique de l’indéterminé. Dans le domaine de la peinture, d’O. Redon à A. Wharol en passant par le Street Art, il est question de créer un décalage en subvertissant le réel par sa façon de le présenter. Même en le magnifiant, ce n’est plus reproduire le réel qui compte, mais plutôt entrer en contact avec le spectateur pour le bousculer dans ses certitudes, le provoquer et lui faire perdre pied pour le faire penser, réagir, ressentir, y compris par le rejet. En toute ambivalence, l’art moderne passe par une beauté dérangeante, déformée voire dépersonnalisante ; l’art pictural s’incarne par ce lien profond à l’image qui impose celle-ci comme l’objet culturel définitif de la modernité.

Ces images, quel que soit le média mobilisé, reprend souvent des thématiques mystiques ou mythologiques, redonnant un souffle nouveau aux proscrits de l’imagination humaine, faisant des cyclopes et autres sirènes des proches, des familiers qu’on est toujours heureux de retrouver, comme une part d’enfance qu’on ne croyait plus côtoyer de sitôt.

Mais l’enfance tend à se prolonger. L’accrochage à une adolescence interminable est surreprésenté à travers le goût pour les jeux vidéo et les références cinéphiliques servant de guide représentationnel commun. Disparate, cet accrochage aux cultures virtuelles laisse supposer que les héros de séries ou les super-héros sont entrés dans notre vie, à la façon de nouveaux amis ou de membres substitutifs de notre famille interne ; au point qu’on en vient progressivement à se demander s’il ne s’agit pas là d’un nouveau mode de vie, fondé par exemple sur une sexualité virtuelle, inhibée ou peu envisageable, si ce n’est par avatar interposé. Ce new way of life ludique distille l’idée d’une temporalité infantile entremêlant continuellement l’enfant et l’adolescent qui s’attarde sur ses objets culturels parfois fétichisés. Et si l’adolescence interminée était en train de devenir le nouveau paradigme du lien social, déconstruisant toute idée d’adultité fixée à l’avance ?

Pour mettre au travail les vicissitudes de la créativité adolescente, deux colloques du Cila en 2017 nous permettront de nous retrouver, à bientôt et bonne année 2017 !

Florian Houssier, Président du CILA

 

***

Lisez la Newsletter du CILA : NEWSLETTER

***

LA SEMAINE DE FORMATION DU CILA : ACTUALITÉ DE LA PSYCHOPATHOLOGIE DE L’ADOLESCENT. « VIOLENCES DANS LA FAMILLE »

 Du : 15 au 19 Mai 2017, Lieu : FIAP Jean Monnet, rue Cabanis, 75014 Paris

Ce stage de 30 heures s’adresse aux psychiatres, aux psychologues cliniciens et aux soignants ou éducateurs d’adolescents souhaitant parfaire leur formation à travers un approfondissement ou une actualisation de leurs connaissances en psychopathologie clinique de l’adolescent. Le stage, animé par des spécialistes reconnus de la question, explorera à travers des exposés théoriques et des études de cas, les formes, la fonction, la place et les modalités d’aide à porter aux violences exercées par et sur les adolescents dans les familles.

***

Actualités :  Soirée du CILA 17/5 : la vidéo sur la chaîne YOUTUBE du CILA !