Edito | Lettre du Président

 

Le poids de la menace

En ce temps covidiens, qu’en est-il pour les adolescents ? Parfois, la caricature s’impose dans le discours social : les jeunes sont désignés comme ceux qui n’en font qu’à leur tête, taxés alors d’« inconscients » ; ils seraient désormais à l’origine d’une seconde vague de la pandémie en France, alors qu’on louait il y a peu la jeunesse résistant au terrorisme, investissant les terrasses de café. La caricature le dispute cependant à l’angoisse : nul ne sait comment il ressortira de cette pandémie et certains adolescents, même si c’est plus rare, sont durement touchés par le virus et ses effets délétères. Comme souvent, la place de l’adolescence dans la société oscille entre la fascination pour son potentiel créatif, ouvert, mettant par exemple ses idéaux au service de l’environnement, et la répulsion pour son envers, délinquant, violent ou transgressant les règles sanitaires désormais.

Le poids d’une menace invisible s’est imposé à tous, même en étant confiné chez soi. Ce sentiment de menace n’est pas sans évoquer l’inquiétante étrangeté, ce texte classique de Freud qui n’est pas sans lien avec son adolescence, j’ai eu l’occasion de le souligner. A la suite de R. Cahn, soulignons que l’expression « chez soi » est proche du pléonasme, chaque terme renforçant l’autre. Chez en effet est directement issu du latin casa « maison » et signifiant strictement « dans la demeure de », « chez soi » désignant le lieu où l’on vit, le lieu où vit le soi ; en articulant cette trame théorique avec celle de Winnicott, nous pourrions proposer que l’« Unheimlich » porte dans ses significations potentielles l’expression « pas dans son self ».

Voilà donc le défi de cette si étrange période, rester dans son self dès lors que la situation actuelle nous délocaliserait de notre « être au monde », comme le suggère d’une autre façon une colère qui met hors de soi. Même dans des conditions rendues plus incertaines, le CILA continue de faire vivre ses diverses activités. Venez nombreux au colloque du vendredi 18 décembre prochain sur le traumatisme, pour maintenir en éveil nos sens dispersés, hors sol, volatiles.

 

Florian Houssier, Président du CILA

 

PS : Le saviez-vous ? Peter Blos, figure pionnière de la psychanalyse de l’adolescence, fut le premier psychanalyste à recevoir Woody Allen dans son cabinet, alors que ce dernier avait dix-sept ans.

PPS : Juste avant de poster cette Newsletter, j’apprends la disparition d’Annie Birraux, fondatrice du CILA en 1995. Le CILA aura l’occasion de rendre hommage à notre collègue appréciée et à cette personnalité marquante de la psychanalyse de l’adolescent.

Florian Houssier, Président du CILA

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